Bonjour Benjamin, pouvez-vous nous parler de Heyia Studio et de votre approche unique dans l'innovation de la création de contenus multimédias?
Bonjour, oui avec plaisir.
HEYIA Studio est un studio créatif spécialisé dans la création de contenus boostés par IA.
On parle de contenus au sens large : texte, image, vidéo, son.
À l’origine, notre métier était très orienté production. On accompagnait surtout des marques B2C en e-commerce et social media dans la création de volumes de contenus plus rapides, plus flexibles, et plus créatifs grâce à l’IA.
Mais assez vite, on a fait le constat que le vrai besoin des marques n’était pas seulement de produire. C’était de comprendre, structurer et gagner en autonomie sur la création en interne.
Les équipes voulaient savoir faire. Savoir quand utiliser l’IA, comment l’intégrer dans leurs workflows, et surtout comment le faire sans perdre leur ADN de marque.
C’est ce qui nous a amenés à faire évoluer HEYIA Studio.
Aujourd’hui, nous combinons production et accompagnement. Concrètement, ça passe par des audits et des workshops très opérationnels, pensés pour faire monter les équipes en compétence sur la création de contenus assistée par IA.
Notre approche est simple : L’IA n’est jamais une finalité, c’est un levier.
Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels les studios comme Heyia doivent faire face lorsqu'ils innovent dans la création de contenus multimédias?
Alors je ne peux pas parler au nom de tous les studios, d’autant plus que HEYIA a une approche assez hybride, entre production et accompagnement.
Mais s’il y a un défi majeur aujourd’hui autour de l’IA, c’est celui-ci : faire comprendre que l’IA n’est pas une baguette magique.
Beaucoup de marques imaginent encore qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour obtenir un contenu pertinent, créatif et exploitable. La réalité est toute autre. Sans intention créative, sans cadre clair et sans méthode, il ne se passe pas grand-chose.
L’IA ne remplace ni la vision, ni la direction artistique, ni la stratégie. Elle les amplifie, à condition qu’elles existent.
Notre défi, en tant que studio, est donc autant pédagogique que créatif.
Aider les marques à comprendre pourquoi utiliser l’IA, quand cela a du sens, et quand ce n’en a pas. Clarifier les usages, les temps de production, les coûts réels, les limites, et les impacts sur les équipes.
C’est cette phase d’éducation et de cadrage qui fait toute la différence.
Sans elle, l’IA devient vite un gadget. Avec elle, elle devient un vrai levier de création et de performance.
Pouvez-vous partager une expérience concrète où l'innovation dans les contenus multimédias a significativement impacté un de vos projets chez Heyia Studio?
Oui, bien sûr.
Un premier exemple concerne une fintech qui avait mis au placard sa mascotte 2D depuis plusieurs mois. Elle n’était plus exploitée, faute de temps, de moyens ou de vision claire.
Dans le cadre de notre accompagnement, nous avons retravaillé cette mascotte en live avec les équipes, en quelques minutes.
Aujourd’hui, cette mascotte est en 3D, animée, incarnée. Elle parle, elle bouge, elle vit.
La marque peut désormais la déployer sur ses réseaux sociaux, sur ses supports marketing et même sur des salons. C’est devenu un vrai actif de communication, réutilisable et cohérent dans le temps.
Autre cas très concret. Des agences que nous avons accompagnées utilisent désormais l’IA pour mieux projeter leurs clients en phase d’avant-vente.
Résultat : Des concepts plus lisibles, plus rapides à produire, plus spectaculaires. Et surtout, des appels d’offres remportés grâce à cette capacité de projection et de narration visuelle.
Enfin, nous travaillons aussi avec des marques B2C qui doivent mettre en avant des produits très précis sur leurs réseaux sociaux.
C’est souvent là que l’IA montre ses limites si elle est mal utilisée. Sortir une belle image est relativement simple. Respecter fidèlement un produit, une charte graphique et un ADN de marque l’est beaucoup moins.
C’est exactement là que notre accompagnement prend tout son sens.
Aider les équipes à produire des contenus de qualité, oui. Mais surtout des contenus justes, cohérents et alignés avec l’identité de la marque.
Comment voyez-vous l'évolution des nouvelles technologies, comme l'intelligence artificielle ou la réalité augmentée, dans l'innovation des contenus multimédias?
Je suis très content de vivre cette période assez exceptionnelle ! En particulier dans le champ de la création de contenus, qui est notre terrain de jeu chez HEYIA.
C’est un outil formidable. Il ouvre des possibilités créatives inédites et permet de produire plus vite, d’explorer davantage et de tester des idées qui étaient jusque-là trop coûteuses ou trop complexes à mettre en œuvre.
Mais cette démocratisation va aussi entraîner un effet inverse. On va voir émerger énormément d'AI-slop, de contenus médiocres, produits en masse, sans intention, sans direction et sans exigence.
C’est là que la vigilance devient essentielle.
D’un point de vue créatif, bien sûr, mais aussi d’un point de vue éthique. Les deepfakes, la confusion entre le réel et le faux, la manipulation des images ou des récits posent de vraies questions de responsabilité.
Pour moi, l’IA doit être considérée pour ce qu’elle est. Un outil puissant, pas une solution miracle. Sans cadre, sans méthode et sans discernement, elle peut vite devenir contre-productive.
Notre rôle est justement de les aider à poser les bons garde-fous, pour que l’innovation reste au service du sens, et pas l’inverse.
Quelle est votre vision sur les tendances actuelles de la création de contenus multimédias et comment pensez-vous que cela façonnera l'industrie dans les années à venir?
Nous vivons une période à la fois passionnante et déroutante.
Jamais il n’a été aussi simple de produire des contenus spectaculaires. Et jamais il n’y a eu autant de contenus inutiles en circulation.
Ce qui m’a le plus marqué ces derniers mois, c'est que nous avons désormais la preuve que l’IA est capable de générer de l’émotion. Et c’est un basculement majeur. Longtemps, on a pensé que l’émotion était le dernier bastion strictement humain. Ce n’est plus totalement vrai.
Pour les années à venir, les règles du jeu ont clairement été rebattues. Certains métiers vont disparaître. D’autres vont être profondément transformés. Et de nouveaux rôles vont émerger, à la frontière entre création, stratégie et technologie.
Ce bouleversement touche déjà des secteurs clés comme le cinéma, la publicité ou la musique. Et ce n’est qu’un début.
Face à ça, je crois qu’il y a une seule posture viable : ne pas subir la technologie, mais l’embrasser avec intelligence. La cadrer. L’utiliser comme un outil au service de la vision humaine, et non comme un substitut.
Comment envisagez-vous l'avenir de Heyia Studio et les nouvelles voies à explorer pour innover davantage dans la création de contenus?
Aujourd’hui, notre priorité est claire : continuer à accompagner les marques pour intégrer l’IA de manière efficace et responsable dans leur création de contenus.
Cela concerne principalement les équipes marketing au sens large. Brand, design, DA, social media, vidéo, graphisme... mais aussi les directions et les équipes décisionnaires. L’enjeu n’est pas seulement créatif, il est organisationnel et stratégique.
Nous accompagnons également de plus en plus de fondateurs et de dirigeants sur des sujets de personal branding. C’est un levier qui devient central, notamment sur des plateformes comme LinkedIn, où l’incarnation et la cohérence du discours prennent une place de plus en plus importante.
Aujourd’hui, nos clients viennent de secteurs très variés, B2B et B2C : startups, BTP, industrie, finance, services, bien-être...
L’un des sujets à moyen terme sera justement de décider si nous continuons à accompagner cette diversité de secteurs ou si nous choisissons de nous spécialiser davantage pour aller encore plus loin sur certains verticales.
Un autre axe clé pour l’avenir concerne la durée des accompagnements.
Nos workshops et ateliers permettent aux équipes de gagner rapidement en autonomie. Mais nous constatons aussi que les outils évoluent extrêmement vite, et que les équipes n’ont ni le temps ni la bande passante pour rester à jour en permanence.
C’est là qu'on peut jouer un rôle différent. Celui de sparring partner créatif et stratégique dans la durée. Un partenaire capable d’aider les équipes à trier, prioriser, tester intelligemment et sécuriser leurs choix dans le temps.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune créateur qui souhaite se lancer dans le domaine de la création de contenus multimédias aujourd'hui?
FONCEZ !
Il n’a jamais été aussi simple de créer qu’aujourd’hui, en particulier sur les réseaux sociaux. Les outils sont de plus en plus accessibles, de plus en plus puissants, et cette tendance va continuer. La barrière à l’entrée n’a jamais été aussi basse.
Ensuite, tester. Beaucoup. Tester, se tromper, recommencer. Les outils évoluent tellement vite qu’il ne faut pas voir la création comme une montagne infranchissable, mais comme un terrain de jeu.
Pour être très concret, ni mon associé ni moi ne venons du monde de la publicité, des agences ou de la production vidéo traditionnelle. Et pourtant, aujourd’hui, nous accompagnons des marques et produisons des contenus grâce à l’IA. Comme quoi, le parcours “classique” n’est plus une obligation.
En revanche, il y a un point à ne surtout pas négliger : la stratégie.
Faire du beau contenu, c’est bien. Mais sans stratégie claire, objectifs, cible, message... ça revient à tirer à blanc.
Pour en savoir plus : https://heyiastudio.com