Marco, vous présentez RedPeach comme une technologie au service de la rareté et de la transparence dans l’économie des créateurs : concrètement, quel problème précis du marché actuel vous a poussé à lancer cette plateforme, et en quoi votre vision de CEO diffère-t-elle de celle des autres acteurs comme OnlyFans ?
À l’origine, Redpeach était un CRM pensé pour répondre aux besoins de nos clients souhaitant disposer d’une interface de paiement dédiée, sans avoir à gérer les aspects techniques ni la maintenance.
Face à l’explosion des plaintes par dizaines de milliers depuis 2023, nous avons estimé qu’il était pertinent d’élargir notre approche en proposant RedPeach à une audience plus large. Notre conviction est simple : nous faisons partie des rares acteurs à privilégier la qualité plutôt que la quantité.
En tant que CEO, et plus largement en tant qu’entrepreneur, ma vision s’inscrit dans le long terme. J’ai toujours adopté cette approche. Ce pourquoi je suis convaincu que le modèle actuel des plateformes de contenu est amené à s’essouffler.
Pourquoi ? Car la promesse initiale, celle d’une interaction authentique avec une personne, n’est aujourd’hui plus respectée dans environ 65 % des cas, notamment en raison d’une gestion déléguée à des tiers, comme des agences spécialisées, souvent soutenues par l’intelligence artificielle.
Vous affirmez qu’on peut doubler ses revenus en 90 jours « non pas en produisant davantage, mais en misant sur la qualité et l’exclusivité des interactions ». Pouvez-vous nous décortiquer ce cas concret : quelles décisions ont été prises, quels types de contenus ou d’interactions ont été privilégiés, et quels KPIs vous regardez pour piloter cette stratégie de rareté ?
Dans le cas de Manon, le changement a été assez radical : elle a réduit son volume de contenu de 50 à 70 % par rapport à ce qu’elle faisait sur OnlyFans. Elle a aussi arrêté les promotions en continu, les prix cassés, et surtout tout ce qui relevait des réponses automatisées ou déléguées.
L’objectif n’était plus d’avoir le plus d’abonnés possible, mais de maximiser la valeur de chaque utilisateur.
Sur RedPeach, on sort de la logique de contenu classique. On est davantage sur une expérience relationnelle premium. Manon a fait le choix de privilégier des échanges directs, réels, sans intermédiaire, pas d’agence, pas d’IA.
Concrètement, elle répond moins, mais mieux. Et c’est précisément ce qui a tout changé par rapport à son expérience précédente. Les abonnés perçoivent ces échanges comme des moments rares : les messages sont personnalisés, les contenus proposés sont ciblés, et surtout, l’attention est réellement individualisée.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que la rareté est volontaire. Elle se construit : des prix assumés, une disponibilité non permanente, donc plus crédible, et beaucoup moins de gratuit.
Résultat, la perception bascule complètement. Les fans ne paient plus simplement pour du contenu, ils paient pour un accès.
Coté KPIs, RedPeach sort des métriques classiques type nombre d’abonnés ou volume de contenu. On pilote avec des indicateurs beaucoup plus qualitatifs comme les KPIs business tel que l’ARPU (Average Revenue Per User), les KPIs d’engagement qualitatif comme le taux de réponse réelle (non automatisée) ou encore les KPIs de perception tel que l’acceptation du pricing (moins de négociation) et la diminution des demandes gratuites.
Pourquoi ça fonctionne ? Parce que la confiance revient. Les échanges sont authentiques, et ça se ressent immédiatement.
Au fond, le message est simple : les créateurs ne gagnent pas plus en travaillant davantage, mais en faisant en sorte que chaque minute de leur temps ait beaucoup plus de valeur.
Votre étude interne montre que 65 % des comptes entre 500 $ et 100 000 $ par mois reposent vraisemblablement sur des structures de gestion externes non divulguées. Qu’est-ce que cela révèle, selon vous, sur la face cachée de l’économie des créateurs aujourd’hui, et comment RedPeach se positionne face à ces pratiques parfois opaques ?
Il est important de corriger que cette étude est indépendante.
Elle a été menée par WSW SA, spécialisée en audit digital, s’est penchée sur 2 000 comptes publics de créateurs actifs sur des plateformes à abonnement, observés durant six mois.
Ce chiffre met surtout en lumière un décalage croissant entre la promesse initiale et la réalité du marché.
À l’origine, l’économie des créateurs reposait sur une idée simple : une relation directe, personnelle, presque intime, entre un créateur et son audience.
En 2026, une part significative de cette relation est en réalité opérée par des tiers tels que des agences, équipes externalisées, parfois même des systèmes automatisés. Et dans la majorité des cas, ce n’est pas clairement assumé car l’inverse ferait fuir les fans.
Ce que révèle ce 65 %, ce n’est pas seulement une pratique répandue, c’est une transformation silencieuse du modèle qui s’opère dans l’ombre depuis 2022.
Onlyfans est passé d’une économie de la relation à une économie de l’illusion de relation. Ce qui dans les faits, entraine une fuite importante de la plateforme notamment depuis que deux recours collectifs récents ciblent Fenix International Limited, maison mère d’OnlyFans, ainsi que certaines agences partenaires. Les plaignants dénoncent une illusion d’échanges directs, alors que les conversations seraient en réalité gérées par des équipes tierces, les chatters.
Chez RedPeach, on a pris le sujet à l’envers. Plutôt que d’optimiser ce modèle, on a fait le choix de le corriger en valorisant les échanges réellement humains, en supprimant l’automatisation et la délégation et en redonnant de la valeur à l’interaction directe.
Notre position est simple : si la valeur repose sur la relation, alors cette relation doit être authentique. Et parce que cette authenticité devient rare aujourd’hui, elle reprend de la valeur.
Aujourd’hui, avec les éditeurs photo/vidéo et la génération de contenus par l’IA, il devient presque impossible d’authentifier ce que l’on voit tant les abus explosent ; chez RedPeach, on fait le pari inverse : celui d’un web plus fiable, plus transparent, et résolument tourné vers demain.
RedPeach impose une authentification faciale à chaque connexion pour garantir que l’interaction vient bien du titulaire du compte. Sur le plan technique et éthique, comment arbitrez-vous entre sécurité, protection de la vie privée et fluidité d’usage, et comment réagissent les créateurs quand vous leur expliquez qu’ils ne pourront plus déléguer leurs conversations à une équipe fantôme ?
C’est effectivement un sujet sensible, et on ne l’a pas abordé comme une contrainte technique, mais comme un choix de positionnement.
Sur le plan technique, l’objectif est simple : garantir que la personne derrière le compte est bien celle avec qui l’utilisateur pense échanger. L’authentification faciale est utilisée uniquement dans ce cadre, avec des standards élevés de sécurité et sans stockage exploitable des données biométriques.
Sur le plan éthique, on part d’un constat assez clair : aujourd’hui, la principale fracture dans l’économie des créateurs, c’est la perte de confiance. Nous, on fait le choix de la restaurer, même si cela implique plus d’exigence.
Concernant la fluidité, tout l’enjeu est justement de rendre cette vérification-là plus simple et rapide possible. Dans la pratique, c’est quelque chose qui s’intègre assez naturellement dans l’usage.
Et côtés créateurs, il y a deux réactions. Certains refusent, parce que leur modèle repose justement sur la délégation et c’est totalement cohérent. RedPeach n’est pas fait pour eux.
Mais ceux qui adhèrent comprennent très vite l’intérêt : moins de volume, mais beaucoup plus de valeur, moins de fatigue, mais une meilleure monétisation et surtout, une relation beaucoup plus saine avec leur audience qui gentiment diminuait par manque de confiance.
Au final, ce n’est pas une contrainte, c’est un filtre.
RedPeach ne cherche pas à convenir à tout le monde. Ce modèle est présent pour ceux qui veulent jouer la carte de l’authenticité.
Aujourd’hui, avec les nombreux cas de scam émotionnel reconnus sur des plateformes comme OnlyFans, une partie des fans perd confiance et quitte massivement ces environnements. Et forcément, quand la confiance disparaît, la monétisation suit.
Beaucoup de créateurs l’ont compris avant qu’il ne soit trop tard : plutôt que de voir leurs revenus s’éroder, ils préfèrent se repositionner sur RedPeach, où la relation est plus saine, plus transparente et surtout durable.
Vous défendez l’idée que la prochaine étape n’est pas seulement la croissance mais la clarté, avec une technologie qui renforce la confiance plutôt que de la remplacer. Pouvez-vous illustrer, avec des exemples concrets sur RedPeach, comment cette exigence de transparence peut transformer la relation entre un créateur, ses « whales » et sa communauté plus large ?
Aujourd’hui le vrai enjeu n’est plus la croissance à tout prix, mais la clarté dans la relation, notamment sur le Web.
Concrètement, sur RedPeach, ça change plusieurs choses très tangibles. D’abord, pour les « whales » la transformation est immédiate. Ce sont eux qui sont les plus sensibles à l’authenticité. Lorsqu’ils savent avec certitude qu’ils parlent directement au créateur, sans intermédiaire ni automatisation, leur comportement change : ils restent plus longtemps, dépensent davantage, et surtout, ils s’impliquent réellement dans la relation.
On observe par exemple moins de négociation sur les prix, des paniers moyens plus élevés et une fidélité beaucoup plus forte dans le temps.
Ensuite, côté créateur, la transparence simplifie énormément la gestion. Il n’y a plus de mise en scène à maintenir avec des équipes en coulisses. Moins de volume, mais des échanges plus qualitatifs, donc moins de fatigue et une meilleure maîtrise de son activité.
Enfin, sur la communauté plus large, cela crée un effet intéressant : même ceux qui ne dépensent pas beaucoup perçoivent la différence. Ils comprennent que l’accès est réel, donc plus rare. Et cette rareté renforce l’image globale du créateur.
Si l’on se projette à 5–10 ans, à quoi ressemble pour vous un « créateur millionnaire » dans un modèle fondé sur la rareté et l’échange réel : quelles nouvelles formes de contenus, de tarification, voire de régulation, anticipez-vous, et comment RedPeach se prépare à cette prochaine phase de l’économie des créateurs ?
Dans 5 à 10 ans, un créateur millionnaire ne sera plus celui qui a le plus d’abonnés, mais celui qui maîtrise le mieux la valeur de sa relation.
On va sortir définitivement de la logique d’audience de masse. Le créateur de demain ressemblera davantage à un opérateur d’expérience qu’à un simple producteur de contenu.
Concrètement, plusieurs évolutions se dessinent. Pour commencer le contenu ira vers moins de volume, mais des formats plus intentionnels, interactions privées, expériences personnalisées, accès à des cercles restreints. Le contenu ne sera plus central en soi, c’est l’accès qui deviendra le produit.
Ensuite, la tarification verra émerger des modèles beaucoup plus segmentés, presque inspirés du luxe avec des abonnements élevés, accès limités, offres sur-mesure pour les tops fans. Le pricing ne sera plus standardisé, il sera assumé et différencié.
Sur la régulation, le mouvement est déjà en marche. Les plateformes devront être beaucoup plus transparentes sur qui parle réellement, comment les interactions sont produites, et dans quelles conditions. L’authenticité ne sera plus un argument marketing, mais une exigence.
Et c’est précisément là que RedPeach se positionne dès aujourd’hui. On anticipe cette évolution en construisant une infrastructure qui garantit des interactions réelles, valorise la rareté plutôt que le volume et permet aux créateurs de structurer une offre premium, durable.
Pour finir, quel conseil très pratique donneriez-vous à un créateur qui gagne déjà correctement sa vie mais veut franchir un cap : quelles sont, selon votre expérience chez RedPeach, les trois erreurs à éviter absolument et les trois actions à lancer dès ce mois-ci pour commencer à monétiser réellement la rareté ?
Le cap à passer n’est pas de faire plus, mais de faire différemment.
Chez RedPeach, on voit souvent les mêmes erreurs chez des créateurs qui gagnent déjà bien leur vie mais plafonnent. Les 3 erreurs à éviter absolument qui reviennent sont notamment de bouloir plaire à tout le monde, de brader en permanence et de déléguer la relation.
Ces trois erreurs peuvent sembler efficaces à court terme, mais elles deviennent rapidement destructrices sur la durée. En particulier, la sous-traitance via des agences ou l’usage de l’IA finit presque toujours par se ressentir côté utilisateurs.
A nos yeux, les 3 actions à lancer dès ce mois-ci est de réduire volontairement le volume de contenu proposé, puis de repositionner son offre mais surtout revenir à une interaction réelle et arrêter d’engager des agences pour répondre aux messages privés.
Le point clé, c’est celui-ci : Faire moins, faire mieux. Répondre moins, mais mieux. Prioriser les échanges à forte valeur, notamment avec les abonnés les plus engagés.
Vous savez, un fan de football qui paie sa place pour voir jouer le Real Madrid, il vient pour voir ses stars, ses idoles. Si on lui met des remplaçants ou pire, des inconnus, même compétents, ce n’est plus la même expérience.
Dans notre secteur, c’est pareil : les fans paient pour une personne précise, pas pour une équipe en coulisses.
Pour en savoir plus : https://redpeach.com